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Mylène Cyr

mot de l'arrq | 19 SEP 2017

Continuité, Équité, Soutien

Vous avez sans doute vu passer le Manifeste pour la pérennité et le rayonnement de la culture et des médias nationaux à l’ère numérique signé originalement par une quarantaine d’organisations de l’industrie culturelle et des communications, auquel se sont mêlé des voix citoyennes, qui a circulé dans les médias traditionnels et les médias sociaux. Si vous ne l’avez pas vu et que vous lisez ces lignes, cette lacune est maintenant comblée.

Après les consultations successives du Ministère du Patrimoine canadien et du Ministère de la Culture et des Communications, on ne peut dire qu’il y avait beaucoup de nouveauté dans le contenu du Manifeste. En fait,  l’élément nouveau c’est surtout que le message lancé par toutes ces organisations était unanime et qu’il ait été si facile de l’articuler. Comme nous, chacun de ces intervenants culturels avait été consulté séparément par les gouvernements concernant leurs prochaines politiques culturelles dans le contexte du « bouleversement numérique ». Nous nous sommes vite rendus compte que nous disions la même chose chacun de notre côté ; ne restait plus qu’à le dire d’une seule et même voix. Et cette voix n’est pas que québécoise, certains des signataires du Manifeste étant des organisations pancanadiennes telles que l’ACTRA (Alliance of Canadian Television and Radio Artists) ou le CMPA (Canadian Media Producers Association).

L’ARRQ s’est donc jointe à cette coalition spontanée et ensemble, nous avons convenu de lancer un message simple à nos gouvernements fédéral et provincial ainsi qu’à la population. Il se résume en ces trois mots : continuité, équité et soutien.

Continuité dans la  philosophie d’intervention qui a assuré le développement de notre culture et de nos médias. En clair, cela veut tout simplement dire qu’il faut continuer à règlementer pour protéger notre culture et que l’arrivée du numérique ne devrait pas être un prétexte à abandonner les mesures protectionnistes.

Équité en matière de fiscalité, de taxation et de réglementation entre les entreprises  canadiennes et les entreprises étrangères. En gros, il s’agit de réclamer que les diffuseurs numériques tels que les FAANG (Facebook, Amazon, Apple, Netflix, Google) paient leur dû et se soumettent à la réglementation canadienne quand ils font affaire sur notre territoire, et ce, afin de ne pas constituer une concurrence indue pour nos entreprises culturelles et médiatiques.

Soutien… à la culture et aux communications. Il faut plus que jamais trouver les moyens de continuer à soutenir financièrement notre culture. C’est un secteur trop important, autant comme ciment collectif que comme moteur économique. Il faut y réinvestir si on veut qu’elle continue d’être concurrentielle et qu’elle rayonne ici et à l’étranger.

La réponse

Cette belle unanimité des secteurs de la création et de la production se heurte cependant à une résistance de taille et elle nous arrive directement des bureaux du premier ministre canadien Justin Trudeau et de celui de la ministre Mélanie Joly. Déjà au mois de juin, monsieur Trudeau avait immédiatement fermé la porte à ces mêmes propositions alors qu’elles venaient du Comité permanent du Patrimoine canadien, un comité multipartite présidé par la libérale Hedi Fry, qui proposait de taxer équitablement les géants du Web et d’exiger une contribution aux fournisseurs d’accès internet qui relaient leurs contenus pour financer le Fonds des Médias. Voir la réponse. « Il n’y aura pas de taxe Netflix », avait-il dit en substance, position aussitôt répétée par Madame Joly et ce, même si les consultations de son ministère se poursuivaient toujours et que le Comité permanent avait lui-même consulté 131 organisations de son côté. Cette semaine, le Manifeste était à peine sorti que le chef des relations avec les médias de Finances Canada Jack Aubry réitérait cette position: « Les propos tenus par le premier ministre en juin tiennent ». Voir l'article du Devoir.

Au final, ça se résume ainsi pour le gouvernement fédéral : on vous a consulté pendant plus d’un an et vous avez beau tous réclamer unanimement la même chose, on s’en fout. Cela dit, je reçois à l’instant une invitation de la ministre Joly pour venir assister le 28 septembre à l’annonce de « sa vision sur les industries culturelles et créatives dans un monde numérique ». Cette annonce de la politique gouvernementale en matière de culture, fruit de ses nombreuses consultations, aura lieu dans le cadre du Club économique du Canada à Ottawa à 500$ le billet. Je doute qu’il y ait beaucoup d’artistes dans l’assistance. Heureusement, elle me propose aussi comme alternative à un voyage à Ottawa de suivre l’événement sur sa page Facebook. Je ferai donc comme la majorité des gens que cette politique concerne et suivrai l’événement sur Facebook, une diffusion non taxée. Inutile de vous préciser que j’ai peu d’espoir que la ministre réponde aux demandes de l’ensemble de l’industrie culturelle. Bien que je ne puisse m’avancer, la ministre pourrait toujours nous surprendre, disons que l’effet de surprise s’est déjà passablement dissipé. Il n’y aura pas de « taxe Netflix », comme le gouvernement s’entête à nommer ce qui n’est pas une taxe visant le consommateur canadien, mais une contribution équitable des entreprises de diffusion milliardaires. Je m’attends plutôt à de grandes orientations vagues et à des vœux pieux destinés à nous faire patienter encore plus longtemps.

Vous me voyez pessimiste, je m’en excuse. J’espère sincèrement me tromper. Mais sur une note plus positive, je m’en voudrais de ne pas souligner l’appui du ministre de la Culture et des Communications du Québec, Luc Fortin, qui a entendu nos demandes et écrit une lettre ouverte à la ministre Joly. Voir l'article. « Il est important non seulement pour moi, mais aussi pour des milliers de travailleurs culturels, qu’Ottawa revoie sa position ». Je salue le geste du ministre et souhaite qu’il convainque ses homologues des autres provinces de se joindre à la cause des créateurs et travailleurs culturels de tout le Canada. Nous aurons sans doute besoin de leurs appuis.

Car si ma prédiction s’avère, il faudra combattre la fin de non-recevoir du gouvernement fédéral et transporter le débat ailleurs, auprès des instances provinciales et auprès du public en général. C’est pour cette raison que le message simple du Manifeste devra continuer à être martelé : continuité, équité, soutien. Préparez-vous à le partager sur Facebook.

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