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mot de l'arrq | 18 AVR 2018

Les prix Iris et nous


Les nominations pour les prix Iris étaient à peine annoncées que déjà les gérants d’estrade se mettaient à les commenter, pas toujours en bien. C’est le cas notamment de Marc Cassivi dans La Presse Plus qui questionnait, entre autres, l’idée de mettre sept films en nomination plutôt que cinq dans la catégorie du meilleur film. La question est légitime dans un marché aussi petit que le nôtre, mais c’est une première fois et je préfère donner la chance au coureur. Applaudissons plutôt les nombreuses initiatives de Québec Cinéma en vue de répondre aux attentes et critiques du milieu du cinéma concernant son Gala.

Le choix de nommer sept films dans cette catégorie vient justement de là. Par le passé, des critiques de cinéma et des intervenants du milieu se sont souvent plaints que des films méritants avaient été « oubliés » dans les nominations. On a beau s’insurger et crier à l’imposture, il faut se rappeler que les choix du jury ne sont pas toujours en phase avec les goûts des critiques ou des producteurs desdits films et que d’excellents films étaient condamnés à rester sur la touche. Pour remédier à la situation, Québec Cinéma a tenté de s’assurer qu’il n’y ait plus d’oubliés en élargissant la sélection la plus prestigieuse. Cassivi semble croire que l’espoir était d’inclure des films plus populaires dans la sélection. Ce n’est pas le cas. C’était peut-être l’espoir des dirigeants de la cérémonie des Oscars qui ont eux aussi élargi leur sélection, mais ce n’était pas le but des dirigeants de Québec Cinéma. Les films dits populaires, souvent des comédies, ont maintenant leur propre catégorie grâce à une autre innovation récente du gala, le prix du public, qui a heureusement remplacé le prix du meilleur box-office (billet d’or) un prix qui ne faisait que consacrer un gagnant que le public connaissait d’avance par un calcul purement comptable.

Ce ne sont pas les seules améliorations qui aient été apportées aux prix suite à des commentaires du milieu cinématographique. Au cours des deux dernières années, on a ajouté des prix pour la meilleure distribution d’ensemble (casting), direction photo en documentaire, pour le montage sonore et pour les effets visuels, par exemple, ou encore un prix pour la révélation de l’année visant plus particulièrement les jeunes talents. Ces changements témoignent à mon avis d’une réelle écoute de l’administration de Québec Cinéma pour le milieu qu’il sert.

Quant aux choix des jurys pour les mises en nomination, on ne peut leur reprocher d’honorer un palmarès qui n’est pas nécessairement celui qui rendra le Gala le plus populaire auprès des téléspectateurs ou qui rendra les journalistes culturels les plus heureux. Les jurés expriment leurs préférences en toute intégrité et en ayant vu tous les films, même les plus obscurs. C’est ainsi qu’on se retrouve avec une surprise comme le film « Boost » cette année. Cela aura au moins le mérite d’attirer l’attention sur un film et des artisans qui n’ont pas été assez reconnus.

Les membres du jury sont représentatifs de tous les métiers du cinéma, y compris les critiques, dans un processus on ne peut plus démocratique. Mais les jurés changent chaque année et chaque jury a sa personnalité avec des préférences et des objectifs qui peuvent différer d’un jury à l’autre. Il n’y a pas de système parfait pour accorder des prix aux plus méritants. Mais le plus important c’est de célébrer notre cinéma et les gens qui y oeuvrent. En ce sens, je salue le travail extraordinaire de Ségolène Roederer et son équipe chez Québec Cinéma qui travaillent d’arrache-pied pour nous donner un gala qui nous ressemble.


Gabriel Pelletier
Président

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