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mot de l'arrq | 18 NOV 2016

Une victoire pour les réalisatrices

Cette semaine, Téléfilm Canada a annoncé que dans ses nouvelles politiques, elle allait viser «  la parité hommes-femmes dans le financement de la production cinématographique » et « se donnait comme objectif d’atteindre, d’ici 2020, un portefeuille de productions équilibré (de tous les niveaux budgétaires) qui reflète la parité hommes-femmes dans chacun des postes clés de réalisateur, de scénariste et de producteur ». Pour y arriver dans un premier temps, Téléfilm « favorisera désormais les projets, à qualité égale, réalisés et/ou scénarisés par une femme ».

Ce faisant, Téléfilm Canada emboite le pas à l’Office National du Film, une autre institution fédérale, qui avait annoncé il y a quelques mois qu’elle allait viser la parité, une mesure beaucoup plus facile à appliquer pour l’Office puisqu’elle contrôle entièrement le financement de ses productions alors que Téléfilm fonctionne en partenariat avec les institutions provinciales et l’entreprise privée. Ce faisant, Téléfilm Canada emboite le pas à l’Office National du Film, une autre institution fédérale, qui avait annoncé il y a quelques mois qu’elle allait viser la parité, une mesure beaucoup plus facile à appliquer pour l’Office puisqu’elle contrôle entièrement le financement de ses productions alors que Téléfilm fonctionne en partenariat avec les institutions provinciales et l’entreprise privée.

En tant qu’organismes publics administrant des subventions gouvernementales, il semblerait naturel qu’elles aient le devoir de refléter la diversité de la population canadienne mais on doit en grande partie ce virage égalitaire au lobbying insistant des syndicats et  regroupements de femmes de l’industrie audiovisuelle pan-canadiens comme le Canadian Unions for Equality on Screen (réunissant ACTRA, UDA, DGC, WGC, UNIFOR, IATSE et Women in view) et ici-même au Québec avec les Réalisatrices Équitables et nos propres syndicats. Ceci dit, je ne voudrais pas enlever de mérite à Carolle Brabant, la directrice de Téléfilm Canada, qui a eu le courage de réunir tout ce beau monde pour en arriver à un consensus sur les mesures à prendre.

Car il a fallu définir ce qu’était la « parité hommes-femmes» si on voulait se fixer un objectif mesurable. Si on considère l’ensemble des travailleurs sur un film, on peut certes trouver nombre de femmes quand on inclut des départements comme coiffure, maquillage et costumes où elles sont plus nombreuses, de même quand on inclut les postes administratifs et de soutien. Le problème n’est pas là. C’est quand on considère les postes-clés qu’on constate leur absence marquée, notamment en réalisation. Et plus les budgets sont élevés, moins les femmes sont à la barre. Pour les films de 1 million de dollars et plus, on comptait seulement 4% de femmes qui réalisaient en 2013-14 selon l’organisme Women in view. La situation est à peine meilleure en télévision où les femmes ne réalisaient que 16% des séries télévisées financées par le Fonds des Médias du Canada en 2012-13 et sur les 29 séries concernées, 17 étaient pilotées exclusivement par des hommes.

Autour de la table chez Téléfilm Canada, il a été question de considérer les postes de producteur, réalisateur et scénariste pour mesurer la parité. Plusieurs organismes, dont l’ARRQ, ont fait valoir que la présence d’une réalisatrice était primordial pour pouvoir considérer un film comme étant piloté par une femme, autant par ce qu’une réalisatrice favoriserait l’emploi de femmes à d’autres postes-clés et parce que leurs œuvres mettraient en scène des personnages et des préoccupations féminines. Au final, la mesure annoncée favorisera les réalisatrices et les scénaristes. C’est une bonne décision puisqu’il y a aussi peu de femmes scénaristes au cinéma et que ce sont souvent les mêmes qui réalisent.

En tant que réalisateur, je perds certes un peu de mes privilèges mais je ne peux que saluer Téléfilm Canada d’avoir fait un pas dans la bonne direction pour corriger la discrimination dont étaient victimes mes consoeurs. Bravo les filles !

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